1944-08 Amiens
Le 15 Août 1944
Fiche de renseignements à retourner d’urgence à M. l’Officier des détails de la MMLA
Nom : Saint-Léger, prénom : Claude, Adolphe
Né le 24 Mars 1897 à Lille
Situation familiale : marié
Enfants : Thérèse, 03 Mai 1924 ; Nicole, 25 Janvier 1926 ; Francine, 01 Juillet 1927 ; Denis, 21 Mars 1935 ; Chantal, 15 Avril 1940
Adresse : 228 Rue Nationale à Lille
Grade : Lieutenant T.D (Temps de guerre) ; Assimil2 Spec : O.L.A.
Echelon : B
Date de rappel sous les drapeaux : 13 Novembre 1943
Date de nomination dans le dernier grade : 1927
Nombre d’années de service : 5 ans et 8 mois
Nombre d’années de service dans le dernier grade : 2 ans et 5 mois
Arme : Infanterie
Avez vous déjà bénéficié des allocations familiales : Oui
Avez vous un compte pécule : Non
Avez vous souscrit une délégation de solde au départ de G.B. : Non
Avez vous un compte en banque en G.B. : Oui ; Westminster bank, St James Londres
Désirez vous retirer de l’argent de votre compte : oui
Avant votre départ pour la France, étiez vous en station à Londres ou à Camberley : à Wimbledon
Date de départ de Londres ou de Camberley : 07 Juin 1944
Date à laquelle vous avez quitté la G.B. : 17 Juin 1944
Est vous détaché d’une unité britannique ou américaine : Anglaise
A quelle adresse peut on vous écrire : CA Staff, Main, HQ 8 Corps
Je soussigné certifie sur l’honneur, sincères et véritables les renseignements mentionnés ci-dessus
Date : 15/08/1944
Le 8 Novembre 1944, lettre à Daniel Lienart (chargé de la comptabilité chez Agache)
Mon cher Daniel,
Comme suite aux différentes conversations que j’ai eu avec Monsieur Emmanuel (Emmanuel Descamps) et avec vous :
d’une part, pour régulariser mes comptes
d’autre part, parce que je reste dans l’armée
veuillez prendre note des différents virements et instructions suivantes :
1°/ Les 190 000 francs que j’ai prélevé en Algérie doivent être reversés aux Etablissements Agache par le débit de mon compte (la question des intérêt sera réglée dès que nous aurons les comptes de la Société Générale).
2°/ Les allocation familiales que ma femme a perçues à Lille du 15 Janvier au 30 Juin 1943 seront remboursées à la caisse d’allocation, puisque je les ai perçues également comme chargé de mission du gouvernement de l’Algérie et secrétaire général du C d’organisation du textile.
3°/ A partir du 11 Novembre 1943, toutes les allocations familialles que ma femme a perçues à Lille seront remboursées (car j’ai été officiellement incorporé à cette date).
4°/ Même opération de remboursement pour le fixe mensuel perçu en Algérie : c’est à dire 8 500 fr/mois du 15 février 1943 au 30 Juin 1943 ; ma solde de lieutenant du 11 Novembre 1943 au 31 Décembre 1943.
5°/ Pour le fixe perçu à partir du 1° Janvier 1944 jusqu’au 30 Septembre 1944, il me sera déduit de la part qui me sera attribuée en fin d’année à vazloir pour la période 1° Janvier 1944 à 30 Septembre 1944 (soit 3/4 de la part annuelle). Ceci afin de m’éviter de payer un impôt ___loir sur des sommes que je n’ai pas perçues (Je n’aurai plus aucun fixe, ni part de gérance, jusqu’à ma démobilisation, ceci sur ma demande) à dater du 30 Septembre 1944).
Vous serez très aimable de me tenir au courant de ces différentes opérations au fur et à mesure de leur exécution.
Croyez, mon cher Daniel, à mes vieille amitié.
Claude Saint-Léger
le 15 Novembre 1944
ETABLISSEMENTS AGACHE
FILATURES & TISSAGES MÉCANIQUES
LILLE, le 15 Novembre 1944, 12, Rue du Vieux Faubourg
Monsieur Claude SAINT LEGER
Cher Monsieur,
Conformément à ce qui a été convenu au cours des entretiens que nous avons eus récemment avec vous, nous avons l'honneur de vous confirmer :
1° - que nous débitons votre compte de Fcs : 150.000,- montant des prélèvements que vous avez effectués chez la Société Générale à Alger, laissant en suspens la valeur de ce débit jusqu'à ce que nous ayons reçu les comptes de la banque nous indiquent les dates des prélèvements.
2°- que nous débitons votre compte de Fcs : 35.527,- montant des allocations familiales versées à Madame Saint Léger pour la période 15 Février-30 Juin 1943 et 11 Novembre 1943- 30 Septembre 1944 ; cette somme devant être reversée à la Caisse Familiale du Textile qui a fait le service des allocations familiales.
3°- que nous débitons votre compte de Fcs : 41.400,- représentant le remboursement des sommes que nous vous indications vous avez perçues en Algérie pendant les périodes 15 Février-30 Juin 1943 et 11 Nov-31 Décembre 1943.
4°- que le montant des appointements fixes que vous avez perçus à Lille du 1er Janvier 1944 au 30 Septembre 1944 nous sera remboursé par déduction sur la part de gérance qui vous sera allouée en fin d' année et qui s'élèvera aux 3/4 de votre part normale.
5°- que, à partir du 1er Octobre 1944 et jusqu'à votre démobilisation et à la reprise de votre activité chez nous, il ne vous sera plus alloué ni appointements fixes, ni part de gérance.
Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de notre considération distinguée.
ÉTABLISSEMENTS AGACHE Société Anonyme de Pérenchiés Le Président avec pouvoir d'Administration,
Emmanuel Descamps
Brouillon de lettre du 15 Novembre 1944. De Claude à « Rheims »
Mon cher « Rheims »,
Je vous serai éternellement reconnaissant de me trouver un remplaçant
à mon poste de chef des officiers de liaison des L.of.C.
(NDLR : Les Lines of Communication
(L.of.C.) étaient des unités logistiques chargées de
maintenir les voies d'approvisionnement, de transport et de
communication entre les zones de combat et les bases arrière. Elles
jouaient un rôle crucial pour assurer le ravitaillement en hommes,
matériel, carburant, vivres et munitions, ainsi que pour gérer les
évacuations sanitaires et les mouvements de troupes.)
Vous saviez que je n’aurais déjà pas voulu du poste à Lille. Les deux voyages que je viens de faire m’ont convaincu que j’avais raison.
Et bien que aux L.of.C les problèmes sur ___ beaucoup plus loin ; et que d’autre part, j’ai abandonné, à valoir du 01 Octobre 1944, toute rémunération aux Etablissements Agache, je ne veux pas mêler ma vie militaire à des questions, même très vague, d’intérêts personnels.
Je voulais déjà il y a huit jours, vous parler de mon désire de rejoindre une autre organisation, comme par exemple : celle des prisonniers de guerre pour aller en Allemagne ; il me semble que comme ancien prisonnier je puis avoir une « fraternité » ; ou ____ avec un des officiers du Colonel de Rattival, la mise au point a une influence sur les affaires personnelles ; ou encore rentrer dans un bataillon de F.F.I. dans l’Est (c’est paraît il faisable).
Danon a d’ailleurs du étudier la première de ces questions à la suite de notre conversation.
Je vous serais très reconnaissant de m’aider et vous assure de mon plus amicale souvenir.
Claude Saint Léger
Il y a quelques jours, j’avais parlé à Danon de rejoindre l’organisation prisonnier mise au point pour l’Allemagne.
Et ___ que je ne puisse permuter avec un officier du Colonel Rattival
Brouillon sans doute vers le 15 Novembre 1944.. De Claude à « Rheims »
Mon cher « Rheims »,
Comme vous le savez, j’ai insisté auprès du Colonel Léon et de vous même pour ne pas avoir le poste d’Officier de Liaison et Administration dans le Nord.
J’ai ensuite accepté le poste de chefs des Officiers de Liaison des LofL britaniques parce que d’une part la liaison administrative ont été supprimé pour devenir uniquement liaison fren____ et que d’autres parts, j’étais décidé à me rendre totalement indépendant de mes affaires en faisant supprimer cette rétribution à valoir à partir du 1° Octobre 1944, ce qui fut fait. Il n’empêche, que pratiquement il y a quelques problèmes dont il faudrait s’occuper, qui concernent à la fois les industries et les affaires de ma famille étaient intéressées et les services de M. Coulet.
Je suis entré dans l’armée volontairement deux fois pendant cette guerre, tellement je trouvais que pour un industriel il n’y avait que dans l’armée qu’on avait une situation nette.
Cela n’est pas pour retrouver un uniforme, ce que j’ai voulu éviter en Avril.
Et aussi, je vous serais reconnaissant ____ suite d’aller à la conversation que j’ai eu avec Danon et (NDLR : nous n’avons pas la suite de ce brouillon!)
Brouillon sans doute vers le 15 Novembre 1944.
Comme suite à ma visite à Lille,
1°) Vous avez du recevoir une lettre adressée d’accord avec Danon pour M. Clason et M. Coulet pour lui demander de faire un effort pour augmenter le transport des minerais de fer entre Briey et Valenciennes.
Un double de cette lettre est à faire parvenir au Colonel Rattival qui a dû agir déjà personnellement à l’État Major du Général Bradley
2°) La question du déchargement des 560 wagons actuellement bloqués par des prises de guerre est en voie de règlement direct à Lille.
Tous les wagons seraient ramenés à Lille et déchargés sous la direction des R.E. (NDLR : Royal Engineers) (j’ai eu connaissance d’autres wagons non déchargés dans le Pas de Calais et fais faire une enquête générale à ce sujet).
3°) Je voudrais avoir pour le Nord, le Pas de Calais, la Somme et l’Oise la liste des officiers américains habilité pour prélever les prestations par A.F.A.
4°) La question transmission entre les officiers et moi marche très mal.
a) il manque de dactylo (nous me ___ au téléphone __ qu’actuellement il est impossible d’en trouver à Paris. Or à Amiens, ce n’est pas à envisager sans crédits)
b) le courrier met extrêmement longtemps à parvenir dans les détachements.
c) vous m’envoyer parfois 5 doubles, parfois 8 doubles, si bien que au lieu de pouvoir vous renvoyer purement et simplement les demandes aux officiers, je suis obligé de les faire retaper, ou de refaire une note. Il me faut 8 doubles.
Comme suite à notre conversation, je diffuse désormais les papiers administratifs entre les différents officiers en leur demandant de vous répondre directement 14 rue Lord Byron et en spécifiant qu’il vient pour leur réponse. L.of.C et je m’arrangerais pour établir un contrôle des réponse rue Lord Byron que je verrai régulièrement toutes les semaines à Paris
Brouillon hiver 1944. De Claude.
Monsieur le commissaire,
Je quitte sur ma demande le poste de chef des Officiers de liaison des L.of.C. britannique, parcequ’ayant été administrateur délégué avant la guerre des établissements Agache. J’ai vu que dans ce poste, ma vie militaire à des questions d’intérêt général, qui se trouvent avoir une influence dominante sur des intérêts particuliers (bien que j’ai abandonné à valoir du 1° Octobre 1944, toute rémunération de notre affaire).
Je me suis mêlé aux L.of.C. le moins possible des questions d’utilité ; mais ce n’est ni d___ant pas une formule que ___ le Nord ___ ___ bien que je n’exagère pas les m___ du poste auquel je suis ; la solution est tout de même mauvaise.
Je m’autorise la liberté que me donne le fait que je vais sur ma demande rejoindre enfin mon poste aux armées pour vous faire un rapport sur la situation morale et matériel de l’Industrie textile dans le Nord.
Personnellement l’un des 2 administrateurs délégués des établisements Agache (Pérenchies) avant guerre.